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06 Août 2012
Yves Doha   LE CONDROZ
Retour sur une pénible 38ème édition du Condroz.
Le shakedown du Jeudi annonce un peu la couleur d'un w-e qui sera noir. Alors que l'Impreza "Kasteel bier" a tourné comme une horloge toute l'année et qu'elle revient d'une profonde révision, elle va me faire trois petits bobos durant la spéciale tes; un capteur de frein à main libère le différentiel mais ne fait plus l'opération inverse, une sonde sur la boîte fait contact quand cela lui chante et laisse croire au boîtier électronique que la stratégie de départ est enclenchée, ce qui empêche le moteur de prendre plus de 5000 tr/min, tout en ratatouillant comme un tuberculeux, et enfin dans le dernier run, le collecteur d'échappement casse en deux. La course n'a pas encore commencé que je donne déjà du travail à mon mécano, Rudi Remilly. D'un autre côté, mieux valait que ces soucis arrive le jeudi. Un sponsor me dira ce soir là, que ma "cocotte" est stressée tout autant que moi, mais qu'elle se révèlera indestructible et d'une fiabilité exemplaire durant le w-e. A mon avis, il doit avoir un lien de parenté avec Mdme Soleil, tant sa prédiction fut correcte.

Vendredi. La plus longue et éprouvante journée pour moi. Je suis tendu comme la ficelle d'un string. Ca ira déjà beaucoup mieux, une fois le contrôle administratif et technique passé. Le soir, les copains et supporters, quelquefois venus de loin, voir même d'outre-Quiévrain, passent faire un tour à l'assistance, et autour d'un chocolat chaud ou d'un thé, nous papotons de politique internationale, de macro-économie et de recettes de cuisine. Bien sûûûûûr !!!!

Samedi. C'est parti mon kiki. ENFIN le casque sur la tête. ES 1 --> Benoît et moi partons "calmos". Je suis surpris et déjà refroidi de voir autant de monde, mal placé, dans les campagnes de Saint-Séverin. D'autant qu'à plusieurs reprises, je dis à Benoît que la voiture a un comportement bizarre, que l'arrière s'écrase fort et "engage" même dans le rapide. En fait la suspension est réglée trop souple et les vieux Dunlop ont vraiment beaucoup de mal à chauffer à l'arrière. Même si le chrono n'est pas terripppp', c'est malgré tout une bonne spéciale de mise en jambes. ES2 --> L'erreur. L'excès d'optimisme, mais surtout la déconcentration une fraction de seconde, parce que j'étais toujours à ruminer dans ma tête, un passage de naze, fait 600 mètres avant. J'assume. Je "choisis" le talus, persuadé que les personnes que j'avais eu dans le coin de l’œil pendant une fraction de seconde, étaient dans l'échappatoire. Elles étaient en fait à côté de celle-ci. C'est ma faute. J'accepte d'en payer le prix, mais Benoît n'y est pour rien. Alors qu'à mes yeux, la Subaru est explosée dans le talus et que je me vois déjà passer mon Dimanche à Blankenberge avec ma meilleure moitié, de valeureux spectateurs-supporters s'acharnent pour retirer la "Kasteel Bier Car" de sa vilaine posture, pendant que d'autres assurent la sécurité bien en amont en ralentissant les concurrents qui arrivent. Ils unissent toutes leurs forces et finalement leurs efforts sont récompensés. Nous repartons. MERCI & BEDANKT, BEDANKT & MERCI, pleins, pleins de fois !!! Le lifting que j'ai imposé à mon Impreza ne lui plaît pas. D'ailleurs, elle "s'éteint" en liaison pour me le faire comprendre. Benoît et moi sortons pour constater les dégâts et dégager la terre accumulée sur un radiateur, qui s'il est sorti de ses attaches, ne souffre miraculeusement d'aucune fuites. Quand on soulève le capot, on constate que suite à l'écrasement de la traverse et de la face avant, la courroie d'alternateur est en lambeaux. Celle-ci entraînant aussi la pompe de direction assistée, au moment ou ma "cocotte" accepte de redémarrer, pour quand même tenter de rejoindre Ben-Ahin, je me retrouve au volant d'un 30 tonnes sans direction assistée. Bonne séance de musculation des poignets et avants bras, mais c'est surtout inconduisible. ES 3 --> Heureusement pour nous, elle est neutralisée suite à une sortie de route.

Donc, retour à l'assistance où Rudi Remilly avec son équipe du Reto Racing, va se jeter sur la voiture pendant 3O minutes, pour redresser avec les moyens du bord et de façon peu académique, mais diablement efficace, une bête blessée qui ne demande pourtant qu'à repartir en découdre sur les spéciales du Condroz. En sortant de l'assistance, je retrouve une voiture qui fonctionne comme si rien ne s'était passé. MERCI les gars !!! ES 4-5-6 --> Vierset-Modave, Marchin et Goesnes. De supers spéciales à faire, mais derrière le volant, même si je prends du plaisir, je suis très loin de me donner à 100%. La "gifle" du matin m'a bien refroidi. Le joker est grillé ! De plus, Benoît et moi sommes effarés de voir autant de monde si mal placés. ES 7 --> Le drame se déroulera quelques minutes après notre passage. Lorsque nous sommes passés à cet endroit, nous n'avons pas remarqué de public mal placé. Pas là du moins. Dans les campagnes de Saint-Séverin, par contre... les miracles ne sont pas éternels, et pourtant ce sont deux innocentes victimes qui vont payer pour des centaines d'inconscients :-( ES 8 --> Bas-Oha. Je ne sais pas pourquoi, mais au flying finish, je freine beaucoup plus tôt qu'au 1er passage ! Sans doute le syndrome du talus, que je ne veux pas embrasser une 2ème fois ! ES 9 --> Ben-Ahin. Chez Benoît. Appliqué, mais pas à l'attaque. Je n'en rajoute pas. Je n'ai plus le droit à l'erreur et les infos qui nous sont parvenues concernant l'accident, me trottent dans la tête. ES 10-11-12 --> Logiquement annulées.

Dimanche. Contrairement aux équipages de pointes, qui ont reçus consignes de l'importateur de ne pas repartir, nous allons rouler. En fait, je ne me suis même pas posé la question d'arrêter ou pas, parce'que s'il devait m'arriver quelque chose un jour en course, je ne voudrais pas que d'autres en pâtissent. De plus, je suis persuadé qu'au niveau sécurité, ce dimanche sera bien différent de la veille. ES 13 --> Wanze-Marneffe et ses 27 kms. Celle-là, je l'aime et elle me le rend bien. Il y a de tout dans cette spéciale. Un vrai chrono, bien long, bien varié, bien rythmé. ES 14 --> Lavoir-Héron. Celle-là, je l'aime et elle me le rend bien, le retour ! ES 15 --> Villers-le-Temple. L'arrivée aux "carrières" à Strée reste un haut lieu du Condroz pour le public, mais aussi pour nous. Tiens, le public est discipliné aujourd'hui !!! ES 16 --> La descente du bois de Tihange. Ca ne me laisse déjà pas de marbre, en n'allant pourtant très très vite, mais alors à côté d'un pilote qui reste "pied dans le phare" ça doit être "maximum de sensatiooooooons". ES 17-18-19-20 --> Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Faites un copier-coller des 4 précédentes.

Malgré l'écart de trajectoire du samedi matin, nous terminons ce Condroz en 18ème position. C'est promis, s'il existe toujours, dans 17 ans on gagne le Condroz :-) Mais là n'est pas le plus important. Puisse le malencontreux accident, servir d'électrochoc à tous les acteurs et spectateurs de notre passion. Je veux croire que cela a déjà commencé. Dimanche, les échappatoires étaient respectées, la sécurité assurée et il faisait agréable rouler. Un énorme MERCI pour votre précieux soutien, car vous permettez au grand enfant que je suis un peu resté, d'aller jouer aux voitures avec ses copains.

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