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13 Octobre 2014
Bruno Sacre   CONDROZ 1996
Un Condroz émouvant
Le jour de mes 33 ans, je dispute une course d’endurance en kart avec deux collègues de travail : Ingrid et Didier. Avec Ingrid, le courant passe bien. C’est une jeune femme calme mais décidée. Elle n’a pas froid aux yeux. Après quelques conversations sur le sujet, nous décidons de disputer le rallye du Condroz en soutenant la cause d’une ASBL qui s’occupe d’enfants atteints de maladies lourdes. Il faut nous mettre rapidement au travail car le budget à réunir est conséquent. Notre but est de faire participer les enfants malades de façon active à l’épreuve. Le principe est le suivant: les gamins signent une feuille qui ensuite scannée pour réaliser un lettrage autocollant. La Clio devient ainsi « leur » auto. Des navettes sont louées avec des chauffeurs pour le transport des enfants sur les spéciales. Une rencontre avec Freddy Loix est programmée. Un internat de Huy prend en charge le logement des enfants, staff médical et accompagnateurs. Un resto assure les repas... Ingrid est très tendue au moment de passer sur le podium de départ. C’est normal, pour elle, c’est le grand saut. C’est le premier rallye de sa vie ! Et quel rallye ! Les enfants sont là et nous acclament, ça fait vraiment très chaud au coeur. On a bossé pour eux et ils ont l’air heureux. Spéciale de Bas-Oha : « Go ! » Apprentissage en douceur, faut pas se virer, penser aux gosses qui nous attendent plus loin... A Marneffe, nous signons un temps dans les 10 premier du groupe N, 2 litres. Les spéciales s’enchaînent. Ma copilote a parfois un peu de mal, faut dire que nous avons reconnu avec une Golf de 68ch et la Clio Williams en fait 180 ! Nous réalisons néanmoins des chronos honorables malgré mon manque de compétition et les réglages de l’auto qui ne me plaisent absolument pas. Dans mon jardin de Goesnes, je ne m’amuse pas, je n’ai aucune motricité et il fait très gras tellement il a plu avant le rallye. Dans la première spéciale de la seconde boucle, je fais un mauvais choix de pneus. A Villers, je suis au taquet. Ingrid annonce ses notes maintenant comme une pro et je commence à trouver le bon rythme. Mais la Renault a des ratés. C’est le début de la fin. De retour à Goesnes, au crépuscule, nous sommes à l’agonie. Mon père est à l’ancienne école de Jallet, les poings tendus rageusement vers le ciel tourmenté. Il a compris en voyant passer les deux voitures parties derrière nous que l’auto ne va plus. Nous redescendons sur Huy. Sur l’avenue, nos pauvres mécanos font ce qu’ils peuvent. Mais le cap fatidique des 30’ passe et la Clio refuse toujours de démarrer. L’équipage Sacré-Hamende est hors course. C’est fini. Il est vingt heures. Ingrid pleure. Un des gars de l’assistance écrase une larme. Moi, je suis figé devant la Meuse. Je regarde ma montre. Les enfants sont maintenant au resto. On va les rejoindre. Quand nous entrons dans l’Oreille Cassée, toutes les personnes présentes dans le resto se lèvent et nous applaudissent longuement. Je m’enferme dans les WC pendant dix minutes, je ne sais plus contrôler mes larmes. Le lendemain, nous accompagnons les enfants partout sur les spéciales. Nous donnons le change mais quelle déception. Et le Rallye du Condroz 1996 sera mon dernier Condroz. Quant à Papa, si mon premier souvenir du monde automobile et de la course le montre au volant de sa Honda S800, mon dernier souvenir de lui dans ce même monde du rallye, c’est sa silhouette massive, les poings levés vers le ciel. Une autre image de mon papa, gravée à jamais dans mon cœur…

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